Porosité


title: Porosité
subtitle:

About the Concept

{: #concept .intro }

Sources

{: #sources .intro }

« Le plus profond c’est la peau »

Repartir de la phrase de Valéry, non pas comme la solution, mais en y
identifiant le problème implicite qui traverse la Logique du Sens de Deleuze :
on ne pense bien qu’avec les pieds qui foulent le sol et le plus profond c’est
la peau, mais à chaque coin de page, la peau et les pieds renvoient trop vite
à la profondeur de la chair humaine. Prendre au sérieux la phrase de Valéry et
voir ce qui se passe là où la peau et la sensation et le toucher peuvent être
ces comportements : frictions, caresses, limites, et toucher sans contact.
{: title=“Marie Bardet, Ce que peut une surface” cite=“http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/ce-que-peut-une-surface/” }

Medium et bipolarité

Il y a un centre par rapport auquel la relation se déploie, pour chaque type
de réalité. Il n’y a pas seulement le plus aigu et le plus grave, le plus
chaud et le plus froid; il yale plus aigu et le plus grave que la voix
humaine, le plus chaud et le plus froid que la peau, le plus lumineux ou le
plus obscur que l’optimum d’éclairement demandé par l’œil humain, le plus
jaune ou le plus vert que le vert-jaune du maximum de sensibilité de la
sensation chromatique humaine. Chaque espèce a son medium réel dans chaque
dyade, et c’est par rapport à ce medium que la polarité du monde du tropisme
est saisie. L’erreur constante qui a faussé la théorie relationnelle de la
sensation a consisté à penser que la relation était la saisie de deux termes:
en fait, la polarité du tropisme implique saisie simultanée de trois termes:
le medium de l’être vivant entre le plus chaud et le plus froid, le plus
lumineux et le plus obscur. L’être vivant cherche dans le gradient la zone
optima; il apprécie par rapport au centre en lequel il réside les deux sens
de la dyade dont il occupe le centre. Le premier usage de la sensation est
transductif plus que relationnel: la sensation permet de saisir comment le
medium se prolonge en plus chaud d’un côté et en plus froid de l’autre;
c’est le medium de température qui s’étend et se dédouble directivement en
plus chaud et plus froid; la dyade est saisie à partir de son centre; elle
n’est pas synthèse mais transduction; symétriquement par rapport au centre se
déploient le plus chaud et le plus froid; symétriquement encore par rapport au
medium de couleur sortent le vert et le jaune; et dans les deux sens
procèdent les qualités de la dyade vers les termes extrêmes au delà desquels
il n 'y a plus que douleur ou absence de sensation. La sensation se rapporte à
l’état du vivant installé en une région optima de chaque dyade qualitative,
coïncidant avec un gradient du monde; elle est la saisie du milieu d’une
bipolarité.
{: title=“ILFI, p.253” }

Penser le sens

Penser le sens et saisir le sens des événements exigent alors non plus de
déterminer des causes et des effets, d’élucider des structures et des signes,
mais de faire une philosophie qui sachent prendre les événements (de
l’histoire, des discours, …) dans leurs relation, coexistence, dispersion,
recoupement, accumulation, sélection, et les effets que ces ‘comportements’
produisent et qui les produisent, à la fois incorporels ET matériels. Une
redistribution de manières de faire sens non par leur essence mais en tant
qu’événement, en saisissant leur comportement.
{: title=“Marie Bardet, ce que peut une surface” cite=“http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/ce-que-peut-une-surface/” }

La peau, une surface non-superficielle

Explorer la peau, cette surface, en tant que telle et non comme superficie
d’apparition des symptômes, écran de projections des essences bien cachées ou
surface d’inscription des sens profondément ancrés. Considérer toutes choses
comme des « inventions » de la peau. Explorer la peau dans son fonctionnement,
et voir par exemple comment la peau peut être pensée à partir d’une série de
paradoxes, de quasi contradictions: la peau est délimitation et zone d’échange
en même temps puisqu’en même temps qu’elle est une frontière de délimitation
d’un corps, elle est ce qui permet l’échange : les échanges de gaz par sa
respiration, les échanges de poids par les appuis, les échanges de visibilité
par sa face exposée. Elle est aussi une et multiple : il n’y a qu’une peau qui
recouvre tout entier l’individu, mais sa consistance de peau se fait par
accumulation et pli de différentes couches l’une sur l’autre autant que l’une
dans l’autre, que ce soit dans les images de l’embryologie ou dans celles
d’une exploration sensible de la peau par le toucher. La peau est un organe,
un organe parmi les autres organes, mais largement décentré tout au long de
son extension. Organe sans centre, sans cœur, elle est organe-tissu. Et enfin
cette peau, membrane d’un individu, est autant produit que produisant le
dedans et le dehors. Impossible là également de déterminer qui est la cause et
qui est l’effet entre la peau et le dedans/dehors. Est-ce parce qu’il y a un
dedans et un dehors qu’il y a une membrane-peau qui fait interface ? Ou est-ce
la membrane-peau qui définit un espace dehors et un espace dedans ? C’est pour
ainsi dire ce comportement de produit et produisant des effets de dedans et
des effets de dehors qui caractérise une peau arpentée en surface.
{: title=“Marie Bardet, Ce que peut une surface” cite=“http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/ce-que-peut-une-surface/” }

Tree of Significance

{: #tree-of-significance }

SYNONYM
:

ANTONYM
:

HYPERNYM
:

HYPONYM
:

English Translation


title: Porosity
subtitle:

About the Concept

{: #concept .intro }

Sources

{: #sources .intro }

« The deepest is the skin »

Restarting from Valéry’s sentence, not as the solution, but by identifying the implicit problem that traverses Deleuze’s Meaning Logic: we only think well with our feet treading on the ground and the deepest thing is the skin, but at each corner of the page, the skin and feet return too quickly to the depth of human flesh. Take Valery’s sentence seriously and see what happens where the skin and the sensation and touch can be these behaviours: frictions, caresses, limits, and touching without contact.
{: title=“Marie Bardet, Ce que peut une surface” cite=“http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/ce-que-peut-une-surface/” }

Medium and bipolarity

Il y a un centre par rapport auquel la relation se déploie, pour chaque type
de réalité. Il n’y a pas seulement le plus aigu et le plus grave, le plus
chaud et le plus froid; il yale plus aigu et le plus grave que la voix
humaine, le plus chaud et le plus froid que la peau, le plus lumineux ou le
plus obscur que l’optimum d’éclairement demandé par l’œil humain, le plus
jaune ou le plus vert que le vert-jaune du maximum de sensibilité de la
sensation chromatique humaine. Chaque espèce a son medium réel dans chaque
dyade, et c’est par rapport à ce medium que la polarité du monde du tropisme
est saisie. L’erreur constante qui a faussé la théorie relationnelle de la
sensation a consisté à penser que la relation était la saisie de deux termes:
en fait, la polarité du tropisme implique saisie simultanée de trois termes:
le medium de l’être vivant entre le plus chaud et le plus froid, le plus
lumineux et le plus obscur. L’être vivant cherche dans le gradient la zone
optima; il apprécie par rapport au centre en lequel il réside les deux sens
de la dyade dont il occupe le centre. Le premier usage de la sensation est
transductif plus que relationnel: la sensation permet de saisir comment le
medium se prolonge en plus chaud d’un côté et en plus froid de l’autre;
c’est le medium de température qui s’étend et se dédouble directivement en
plus chaud et plus froid; la dyade est saisie à partir de son centre; elle
n’est pas synthèse mais transduction; symétriquement par rapport au centre se
déploient le plus chaud et le plus froid; symétriquement encore par rapport au
medium de couleur sortent le vert et le jaune; et dans les deux sens
procèdent les qualités de la dyade vers les termes extrêmes au delà desquels
il n 'y a plus que douleur ou absence de sensation. La sensation se rapporte à
l’état du vivant installé en une région optima de chaque dyade qualitative,
coïncidant avec un gradient du monde; elle est la saisie du milieu d’une
bipolarité.
{: title=“ILFI, p.253” }

Penser le sens

Thinking the sense and grasping the meaning of events then also requires neither identify causes and effects, elucidate structures and signs, but to make a philosophy that knows how to take events (from history, speeches,…) in their relationship, coexistence, dispersion, cross-referencing, accumulation, selection, and the effects that these “behaviors” produce and who produces them, both intangible AND material. A redistribution of ways to make sense not by their essence but as as an event, by capturing their behavior.
{: title=“Marie Bardet, ce que peut une surface” cite=“http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/ce-que-peut-une-surface/” }

The skin, a non-superficial surface

Explore the skin, this surface, as such and not as an area of symptom onset, a screen for projecting well hidden species or a surface for inscribing deeply rooted senses. Consider all things as “inventions” of the skin. Explore the skin in its functioning, and see for example how the skin can be thought of from a series of paradoxes, almost contradictions: the skin is delimitation and exchange zone at the same time since at the same time as it is a boundary of delimitation of a body, it is what allows the exchange: gas exchanges through its breathing, weight exchanges through supports, visibility exchanges through its exposed face. It is also one and multiple: there is only one skin that covers the entire individual, but its skin consistency is achieved by accumulating and folding different layers on top of each other as well as in each other, whether in the images of embryology or in those of a sensitive exploration of the skin by touch. The skin is an organ, an organ among other organs, but largely off-centre throughout its extension. Organ without centre, without heart, it is organ-tissue. And finally, this skin, an individual’s membrane, is as much produced as it is producing inside and outside. It is also impossible to determine who is the cause and who is the effect between the skin and the inside/outside. Is it because there is an inside and an outside that there is a membrane skin that acts as an interface? Or is it the membrane skin that defines an outside space and an inside space? It is so to speak this product behaviour and producing effects from within and the outward effects that characterize a skin surveyed on the surface.
{: title=“Marie Bardet, Ce que peut une surface” cite=“http://www.implications-philosophiques.org/actualite/une/ce-que-peut-une-surface/” }

Tree of Significance

{: #tree-of-significance }

SYNONYM
:

ANTONYM
:

HYPERNYM
:

HYPONYM
:

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