Artificial Spirituality offrait un regard critique, amusé sur l’IA. Quelques années plus tard, nous revenons sur cette approche, dans un monde dominé par l’imaginaire des IA…
- Ce travail sur la spiritualité artificielle peut nous permettre de mieux comprendre la réalité de notre monde actuel.
En constatant que les personnes qui actuellement dominent le monde sont complètement aveugles aux dangers auxquels la planète et nos sociétés font face, øn peut se demander les raisons d’un tel aveuglement.
La première raison qui vient à l’esprit est que ces personnes privilégiées vivent dans un monde protégé, et ont construit pour elles-mêmes des abris pour lorsque le chaos se mettra en place.
Mais cette raison ne suffit pas à expliquer leur persistance à installer le dit chaos.
Un regard rétrospectif sur les histoires des groupes sociaux qui ont mis cela en place peuvent nous en apprendre plus.
En revenant sur notre question initiale l’intelligence Artificielle peut-elle développer une spiritualité et donc se mettre à croire en elle même comme Dieu, nous ouvrons certaines perspectives.
- Une poignée de personnes qui sont sûres d’être les élues ;
- Cette poignée de gens reproduit ce qu’elle vit : ils sont totalement dénués d’empathie ;
- Ils semblent être arrivés à la conclusion qu’étant les élus ils sont dans le droit chemin et survivront à l’humanité qui va être détruite grâce à la machine.
Dans cette situation il parait vraiment incompréhensible que nous ne développions pas des défenses fortes et un refus catégorique face à cet outil comme nous devrions le faire devant d’autres technologies comme celles de l’armement. Comment expliquer ce qui paralyse notre capacité à refuser ?
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Historiquement, l’idéologie libérale a brisé les fondements de notre humanité pour s’imposer :
- Annihilé les cultures et les peuples ;
- Isolé les individus ;
- Mis la compétitivité au centre, à la place de la solidarité qui nous permet de survivre ;
- Mis le profit au centre.
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Le résultat mortifère de cette réalité nous empêche de faire société et de développer les outils de pensée nécessaires à poursuivre notre participation au vivant ;
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Nous ne nous associons plus les ans aux autres pour notre vie, mais nous mettons complètement au service d’un système qui nous domine ;
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La formation même des concepts devient impossible, car les concepts émergent du langage, plus particulièrement de la signification que nous nous accordons à donner à un terme. Or les mots ne sont plus formulés par les interactions des groupes sociaux, mais sont acquis par la répétition dans les médias, ou plus récemment des systèmes d’Intelligence Artificielle. Leur re-signification n’est plus collective mais intégrée à un système de pouvoir et assimilé par l’individu.
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En temps de crise (ou de guerre) la formulation critique issue des affects impossibles à partager et la domination des formulations et concepts libéraux et fascistes est impossible à contrer sur leurs propres plateformes car les mots qui sont formés pour les contrarier le sont dans des groupes sociaux attaqués par le pouvoir et ne peuvent donc être utilisés sur les canaux officiels. (À reformuler en plusieurs phrases plus simples !)
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L’émergence de systèmes numériques formant des concepts est un enjeu majeur car elle contraint la conception de la réalité à des éléments programmatiques fondamentaux qui forment les prémisses conceptuelles biaisées des LLMs empêchant la formation de concepts hors des principes fondamentaux établis par les modèles basés sur les principes individualistes libéraux et fascistes.
- en d’autres termes : la conception dominant l’IA (et les techno-fascistes) consiste à concevoir le monde comme calculable (et non : relationnel) ; ainsi, une vision connectiviste du monde imagine que, étant donné suffisamment de données et de neurones, une machine pourrait devenir intelligente. Ceci est grossier : car la machine se contente d’une perception probabiliste parmi des données insensibles : seules les connaissances objectivées peuvent être calculées par « l’IA » dans le cadre de son modèle et de son apprentissage. « L’IA » ne peut donc que reproduire ce qu’elle connaît déjà et non inventer : c’est un automate, certes avancé, mais un automate tout de même.
- La mise en œuvre de ces croyances dans le tout-numérique est effectuée sur la tutelle de personnes hautement autistes, dénuées d’empathie, voire sociopathes ; ces libertariens poursuivent un objectif démiurgique consistant à recréer sur une planète inerte, dénuée d’atmosphère respirable (Mars) un mode de vie fantasmé pour leur caste de transhumains, au prix de la sauvegarde des conditions de vie sur Terre – le seul espace de vie connu et atteignable par notre espèce dans tout l’univers observable ; leur pari est que l’IA, devenue suffisamment intelligente, saura trouver des solutions aux problèmes complexes rapprochant l’humanité de son extinction ; cette approche accélérationiste impose à toute la planète un risque existentiel pour un pari dont les probabilités de réussite sont bien moindres qu’une action concertée raisonnée pourrait atteindre, rendant toute alternative quasiment impossible. « Ça passe ou ça casse » version Le Roi de la Route. Ce faisant, l’approche libertarienne des techno-fascistes, du fait de sa nature totalisante, s’attend à ce que l’ensemble des ressources disponibles soient mises au service de son projet totalitaire, en bonne néocoloniale.