There are no solutions

  • Inséparabilité
  • Barad
  • Agency
  • Intra-action

There are no Solutions

Ce fil de lecture part de la notion d’inséparabilité qui est a été motrice dans ce travail, Il s’agit pour nous d’un concept fondamental qui englobe de nombreuses notions critiques de la pensée occidentale, et particulièrement exacerbée alors que nous sommes dans une époque où règne la machine.

L’inséparabilité est ici présentée par le prisme de la recherche de Muriel Combes qui explique la constante reformation de l’être. L’autre porte d’entrée de la notion d’inséparabilité est celui de la notion d’inséparabilité quantique que nous développerons ici aussi. Nous pensons à la notion d’intra-action.

Ceci nous mène vers Barad qui nourrie de cette conscience de constante construction, nous explique “there are no solutions” il n’y a qu’une pratique toujours en cours. Elle poursuit en explquant que aux yeux de cette pratique, la Responsabilité est comprise comme une capacité de répondre. C’est ainsi que nous voulons mettre en place cette dramaturgie, en adressant la capacité de répondre de notre public:
Le geste que tu fais ou celui que tu ne fais pas, est une responsabilité, l’abstention est un geste. Barad interroge notre role sur la décision de ce qui vient à la matière, “what comes to matter” la responsabilité se conçoit en imbroglio avec le reste. Ces discussions nous amènenet vers la capacité d’agence: Agency.

Agency, il s’agit d’une capacité localisé et plurielle souvent comprise par les yeux du désespoir de la capacité d’agir individuelle, “there are no solutions” notre capacité d’agir n’existe que en relation, en imbroglio, en résistance. Nous avons abordé la notion d’aternative en rapport avec celles de résistance. Les communautés de résistance que nous connaissons vivent parfois des brisures internes, lorsque l’union n’est plus assurée par une lutte contre, et ne savent plus formuler un rapport aux institutions. Le positionnement essentiel d’une résistance permet de penser le commun de la collectivité et sa capacité d’agir comme un indéfectible en contexte. There are no solutions ceci est en construction permanente, il n’y a qu’une pratique toujours en cours.

Il nous manquait une page sur un concept important, l’inséparabilité. Après quelques aventures techniques avec Git, la page s’est enfin retrouvée en ligne et nous nous en sommes servi comme point de départ de notre exploration.

J’étais surpris de ne pas voir dans cette page de mention de Karen Barad, féministe et physicienne quantique, tant la notion d’inséparabilité est pour moi liée à la notion d’inséparabilité quantique. D’ailleurs l’ouverture sur le concept introduit, par la voix de Muriel Combes, une notion de George Canguilhem: « partant du principe énoncé par Canghuilem que la vie est inclusive de son étude »[1]. En effet, l’un des résultats fondamentaux de la physique quantique est la notion que l’observateur influence l’expérience observée.[2]

Nous avons donc navigué du #concept d’inséparabilité vers l’#author Karen Barad. L’incipit nous apprend :

Il n’y a pas de solutions : il y a seulement une pratique courante d’être ouverte et vivante à chaque rencontre, chaque intra-action, de sorte à pouvoir utiliser notre capacité à répondre, notre responsabilité, pour aider à éveiller, à inspirer la vie dans des possibilités toujours renouvelées de la vie juste.

Cette phrase et les questions qui la suivent, ainsi que les nombreuses problématiques qu’elles soulèvent nous ont retenu longtemps et nous avons pu resituer quelques éléments récurrents de notre expérience récente. Notamment, ayant visionné The Red Pill ou encore les interventions de Bradley Kuhn du Software Freedom Conservancy au FOSDEM et à Scale 17x, nous avons relevé une tendance impérieuse à la personnalisation des problématiques qui s’exprime par une dé-responsabilisation des individus ignorés comme vecteurs publics d’agence collective.[3]

Ainsi le #concept d’agency s’offrait à nous comme l’étape suivante de notre exploration. Cependant, le second point abordé sur la page de Barad, au sujet de location (localisation) selon Donna Harraway, que je voulais tout d’abord écarter comme non pertinent à notre point de départ, nous a retenu tout de même et a offert un éclairage conséquent sur la verbalisation de notre compréhension de l’inséparabilité.[4] Curieusement, nous avons retrouvé ici encore la présence de Karen Barad et le lien vers l’intra-action. La lecture inopinée et apparemment hors sujet à propos de la notion de location de Donna Harraway m’a permis une lecture tout-à-fait nouvelle et éclairante des commentaires de @natacha sur la page agency; bien que j’avais déjà à plusieurs reprises parcouru ces lignes, jamais auparavant je ne les avais perçues et comprises avec autant d’acuité.

C’est alors que nous est apparue, par l’intermédiaire des notes de @natacha, la lecture de there are no solutions comme une réponse au There is no alternative de Thatcher. De TINA à TANS, l’envie de sceller l’effervescence de notre session de travail dans un positionnement politico-philosophique d’opposition à la chappe de plomb imposée par la suprémacie de la pensée unique néolibérale et de son solutionnisme catastrophique et borné se traduisit donc par cette opération de description de notre processus de pensée et d’action pour le formaliser sous une forme partageable et exploitable : d’un point d’entrée quelconque parmi nos concepts et auteurs, nous offrons de naviguer de l’un à l’autre en fonction des réflexions que ces lectures déplient et déploient; ces passages d’un concept à l’autre, d’un auteur à l’autre, reliés par l’expérience des participant·e·s et leur inspiration à tirer des fils produit un #fil-de-lecture qui, à son tour, servira de parcours à la réflexion collective, reflété sous forme d’hyperliens entre les pages visités, ce qui tendra à densifier ce réseau conceptuel pour en faire émerger une pensée. C’est par cette compréhension praxique du #concept de l’intra-action que se termina notre boucle depuis l’inséparabilité, en harmonieuse résonance interne.


  1. j’ai traduit vers le français l’anglais déjà traduit du français, il faudrait donc reprendre la citation originale et la référencer. ↩︎

  2. à préciser selon la perspective de Wolgang Pauli rapportée par Basarab Nicolescu, pour éviter l’écueil d’une simple notion perspectiviste qui réduirait au regard l’influence de l’agent (voir la suite…) ↩︎

  3. éclairer ce commentaire – je compte sur @natacha pour prendre note de manière plus explicite de ce moment de la conversation… ↩︎

  4. nous avons tout de même décidé de déplacer cette notion de location et de la reconsidérer par la suite dans un autre contexte. ↩︎

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