L'Habitat

L’histoire de l’urbanisme est fortement lié à celle de la santé qui a donné par extension la notion de gestion de populations.
Je me demande comment nous pourrions reprendre en main cette notion également, et penser l’organisation de nos territoires d’occupation comme un moyen communautaire.
Revendiquons nos villages, nos centres sociaux, nos distributions alimentaires, comme les moyens du soin qui proposent une solutions, alors que la gestion gouvernementale n’a fait que montrer son incurie.

“Pour ma part, je préfère parler de « territoire » ou de « biorégion », pour réconcilier villes et campagnes. La « biorégion » n’est pas un échelon de plus dans le mille-feuilles administratifs, mais l’expression d’une nouvelle territorialité décentralisée et autogérée”

“Ces citadins qui migrent dans la campagne ne seront pas des néo-ruraux, comme dans l’après mai-68, mais plutôt des expérimentateurs d’une nouvelle territorialité, souvent très compétents en technologies numériques alternatives, inspirés par le zadisme, soucieux de réseauter avec toutes les associations locales, misant sur l’agriculture bio ou la permaculture, acceptant la frugalité et recherchant le « mieux » qu’ils préfèrent au « plus ». De nouvelles urbanités vont se déployer et s’expérimenter dans ces « territoires-paysages ».”

“Quant à l’automobile, elle doit contribuer à la transition énergétique, en devenant moins polluante et énergivore mais aussi en étant taxée. Mais attention : en dehors des agglomérations, pénaliser l’automobile reviendrait à accroître les inégalités sociales, comme l’ont clamé les Gilets Jaunes sur les ronds-points. Là, le covoiturage, le copartage, une tarification avantageuse pour les cars et les trains locaux – quand il en reste ! – pourraient par exemple réduire la part de l’automobile. C’est donc toute une politique à mettre en œuvre, et on en est encore loin.”

“Redonner leur place aux enfants dans la ville revient à améliorer la vie quotidienne de chaque adulte : c’est aller moins vite, planter plus d’arbres, favoriser des itinéraires fléchés comme pour un jeu de pistes, entretenir les pieds des immeubles, transformer le devant des écoles en parvis colorés et joyeux sans voiture. Il faut penser une autre physionomie de la rue : une ville pour et par les enfants est une ville pour tous. Et n’oublions pas les animaux que la ville abrite, souvent de manière dissimulée. Les écoles et autres lieux publics devraient avoir des poulaillers, des moutons pour tondre les pelouses, des ruchers, des chevaux…”

" Illich dénonçait également les « professions mutilantes » , qui vous dépossèdent d’une partie de vous-mêmes en se substituant à vous, au nom de votre bien, pour vous soigner ou vous éduquer, et ainsi vous subordonner. Or le coronavirus est un cas d’école : on ne peut pas ouvrir sa radio sans tomber sur un virologue – je ne savais pas qu’il y en avait autant – ou un expert médical qui, in fine, contribue à vous exproprier de votre propre corps. Nous sommes tous désemparés, ne sachant plus si nous nous portons bien ou pas, nous nous plaçons volontairement sous l’autorité du médecin, alors même que nous constatons d’une déclaration à une autre leurs désaccords aussi bien pour le diagnostic que pour les prescriptions médicamenteuses. Illich aurait trouvé la confirmation de ses thèses avec le pouvoir absolu des experts, aujourd’hui : même le Président de la République dit qu’il ne fait rien sans sa commission d’experts, qui eux-mêmes se disputent entre eux !"

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