L'Europe en guerre

Le Vent se Lève note, dans un article consacré à la militarisation de l’Allemagne :

Alors que la plupart des pays de l’OTAN peinaient jusque‑là à atteindre l’objectif, fixé en 2014, de consacrer 2 % de leur PIB à la défense, ils se sont brusquement engagés à porter cet effort à 5 % par an lors du sommet de 2025, sous la pression de Donald Trump. Seul le gouvernement espagnol a refusé d’obtempérer.

Ce début d’année 2026 ressemble fort à l’automne 1938, lorsque l’ensemble des nations appelaient à la paix et à la mesure, alors qu’une nation qui était passée de la ruine à l’expansionnisme en cinq ans s’appropriait ses voisins.

Trump vient de mettre la main sur la première réserve pétrolière du monde et, avec les « accords » en RDC, sur la première réserve mondiale de minerais stratégiques ; mieux : il vient de démontrer, si cela n’était pas clair pour tout le monde, que c’est lui le maître du monde, qu’il peut à loisir intervenir n’importe où et bafouer le droit international comme s’il n’existait pas. Sur ce point, chapeau bas à Netanyahu qui lui a montré la voie en pissant à la face des dignitaires de toute la planète.

Les deux bonshommes se préparent à l’inévitable : faire basculer la planète dans la guerre ou bien se voir criminaliser par leurs institutions respectives — car au risque de vous décevoir, ni l’Union Européenne ni les casques bleus de l’ONU ne vont extraire aucun de ces criminels de guerre pour les placer devant des tribunaux dépendant de leur juridiction légitime : celle du droit international.

Qu’à cela ne tienne, les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui ne cessent de s’aboyer dessus en public, ont sans aucun doute déterminé le cours des choses. En 2026, à moins d’un retournement improbable, nous verrons donc : les USA annexer tous les territoires d’Abya Yala que Trump convoite, y compris, si l’Europe se montre réticente à son expansionnisme, le Groënland ; Israël s’étendre du Sinaï au Liban et à la Syrie et à l’Iran, si la Turquie daigne les laisser empirer la région ; la Russie annexer ses anciennes provinces et pourquoi pas viser la Scandinavie au-moins pour punir la grotesque Fondation Nobel ; et bien sûr la Chine prendre la main sur Taiwan, car c’est là que se joue l’informatique occidentale — là, et Shenzen.

Ainsi, face au danger mortel du changement climatique, les dirigeants du monde s’apprêtent à invoquer la lutte finale pour bien avancer le compteur fatidique des 450 ppm de CO₂ dans l’atmosphère et mettant en œuvre leur techno-solution imparable : mettre le paquet sur la militarisation du monde afin qu’il n’en reste plus qu’un (et au passage, réduire drastiquement la population vivante de la planète — cela fait économiser des ressources).

Face à cette folie meurtrière, rien. Absolument rien. Le monde est sidéré, personne ne voit d’issue. Et bien voyons à présent qui parmi tout ce beau monde mérite notre respect. Car sans respect, point d’autorité. La différence, peut-être, entre l’idéal démocratique d’un socialisme libertaire et la brutalité de ce qui se joue là, c’est l’articulation entre respect et autorité : l’un recherche le respect par l’intégrité des valeurs d’égalité, l’autre anéantit le respect par l’imposition d’une autorité violente, corrompue, qui pose « l’égalité des chances » dans un jeu où les règles changent au gré de celui qui porte le flingue.

Mais rassurez-vous, cette menace existentielle n’est là que pour pousser les grands projets industriels, car nous savons bien que « le marché s’autorégule » à coups de matraque dans la gueule. Alors pour cette nouvelle année, je vous souhaite organisation en résistance, sabotage et refus : le pouvoir de dire NON sera le plus important. Bonne année HE 012026, en seulement six siècles, la globalisation est passée de prophétique ultra-violente à prophétique suicidaire : pas mal pour des poussières dans l’œil de l’histoire. À nous de jouer.