Coup libriste, design tactique et sociologie des techniques

Un sujet pour discuter du super nouvel article de Yann Trividic (éditions Burn-Aout) “Après le libre” et son “approche qui infiltre les systèmes oppressifs existants, afin de mieux les détourner” depuis un angle matérialiste (publié dans la revue des Atelier Téméraire) Initialement posté sur le forum lire.im, je reposte ici pour un partage plus large.

Cet article est fort stimulant pour saisir les enjeux de non-adoption de nouvels outils et de dépendance au sentier, qui peuvent nous intéresser pour lire.im. Il introduit notamment le concept de design tactique de Maudet Nolwenn (j’ai pas encore accès à cet article, mais ça ne saurait tarder).

J’ai décidé de parler de cet article depuis des termes de la sociologie des techniques, que yann n’utilise pas (ou peu) dans son article et que j’ai ici hyperlinké en italique. Quand j’ai rencontré les petites singularités, je sortais d’un master en agroécologie, où j’avais été bien formaté par les STS. Grâce à cette rencontre j’ai pu comprendre les impasses de cette approche, mais j’ai maintenant envie de ressortir mes vieux cours pour voir si ce n’est pas mobilisable (avec prudence) pour lire.im.

Après le libre propose une lecture matérialiste du libre :

Le Libre, par la probité de ses principes fondateurs, se sort de toute critique. Leur prééminence de vertu en fait un objet difficile à questionner, et il devient d’autant plus facile pour les libristes de tomber dans une forme de dogmatisme 6 . Cet angélisme masque l’écueil principal de l’universalisme : celui de négliger les inégalités des conditions d’existence, qui rendent pour certain·es l’accès à la littératie numérique et aux logiciels libres bien plus aisé que pour d’autres.
Pour honnêtement espérer remplir ses objectifs, le Libre doit se questionner sur les
conditions matérielles de ses utilisateurices. C’est précisément à partir de cette prise de conscience qu’un autre cadre d’analyse devient nécessaire : un cadre capable de rendre visibles les rapports de pouvoir, les inégalités structurelles et les obstacles concrets à l’appropriation des outils numériques.

Après le libre part du constat du verrouillage sociotechnique et d’enfermement propriétaire des logiciels de création graphique et éditoriale (A̵̪̒d̵̻̑o̷̖͝b̸͕͂e̶̬͂). Avec comme piste de déverrouillage le design tactique :

Non seulement les obstacles techniques et institutionnels sont nombreux, mais à la sortie de leurs études, la précarité économique qui touche les métiers de la création graphique rend
souvent impossible l’investissement — en temps comme en argent — nécessaire pour réapprendre d’autres outils. Évidemment, la mutualisation des savoirs, l’éducation et la pédagogie sont des ressources primordiales pour répondre à ces problèmes. Différentes initiatives œuvrent dans ce sens, que ce soit dans le milieu associatif (les CHATONS notamment 12 ) ou au niveau de l’enseignement supérieur (avec les écoles d’art 13 ). Mais qu’en est-il des personnes déjà formées, déjà insérées dans un système de production, et qui souhaitent aujourd’hui s’émanciper de l’obligation — de fait — d’utiliser des outils inscrits dans des logiques économiques ou politiques qu’elles ne partagent pas ? Pour ces publics, le Libre n’offre que trop peu d’options. Cela s’explique en partie par la croyance persistante — et problématique — selon laquelle le Libre serait autosuffisant, et qu’il pourrait ignorer par principe tout ce qui ne
relève pas strictement de son idéologie ou de ses standards. Penser un Libre matérialiste oblige alors à un renversement de perspective : inclure les utilisateurices de logiciels aliénants dans les objectifs émancipateurs du Libre suppose de prendre en compte l’existence des logiciels propriétaires et les usages qu’ils induisent, non pour les légitimer, mais pour mieux les subvertir et permettre les usages déviants (Ahmed 2024). Cela implique de concevoir des dispositifs qui réduisent l’effort nécessaire à leur abandon, en facilitant les transitions : une logique proche de ce que Nolwenn Maudet qualifie de design tactique, c’est-à-dire une approche qui infiltre les systèmes oppressifs existants, afin de mieux les détourner (Maudet 2023a).

Pour affiner la proposition du design tactique, Yann propose la pratique des coups libristes:

En réponse à cette question, je propose le concept de coups libristes14, soit des contributions minimales, ciblées, apportées à un ou plusieurs logiciels libres dans l’idée de les rendre plus malléables et interopérables15.
De telles interventions requièrent une compréhension fine à la fois de l’état de l’art de la pile logicielle et des pratiques de ses utilisateurices, afin d’identifier et d’isoler les leviers d’action permettant de débloquer ou de soutenir des usages — une sorte de “prise de judo” appliquée à l’écosystème logiciel (Bruno, Didier, et Prévieux 2014).
En appliquant la lecture matérialiste du Libre développée précédemment, un coup libriste peut être compris comme une contribution à un logiciel libre visant à subvertir l’écosystème logiciel propriétaire. Il s’agit alors de créer les conditions techniques d’une transition, en facilitant la sortie des logiciels propriétaires vers des pratiques plus libres. Dans le contexte spécifique de la création graphique assistée par ordinateur, cela revient à identifier des interventions logicielles stratégiques permettant aux professionnel·les de s’émanciper du monopole imposé par A̵̪̒d̵̻̑o̷̖͝b̸͕͂e̶̬͂, tout en valorisant et prolongeant les compétences acquises dans ces environnements.
L’objectif n’est pas d’effacer l’existant, mais de s’en servir comme base pour construire des trajectoires d’autonomisation.
Ce dernier constat a ainsi mené la mise en œuvre d’un coup libriste concret : le développement de OutDesign16, un convertisseur universel de fichiers InDesign, conçu pour libérer à la fois les fichiers et, par extension, les utilisateurices du giron d’Adobe.
Pour ce faire, il était nécessaire de contribuer une vingtaine de lignes de code à Pandoc17
, rendant de ce fait possible la conversion des fichiers IDML vers une multitude de formats. Ce geste — ce coup — s’est inscrit dans le contexte de la production du livre multiformat Déborder Bolloré 18. Il est ainsi venu soutenir la collaboration entre une équipe de graphistes expert·es d’InDesign et une autre experte en web-to-print. Cette collaboration s’est construite en considérant les compétences et les apports potentiels de chacun·es, sans présupposer qu’un logiciel libre serait systématiquement plus légitime. Une posture inverse aurait risqué d’exclure certain·es participant·es, et de créer des tensions importantes dans le collectif formé pour l’occasion19.

Je ne veux pas parler à la place des @EBA, mais je pense que c’est sous couvert du concept de design tactique qu’iels sont encore sur les réseaux sociaux M̵͕͝ë̷͚́t̵̺͊ā̶͓, et je les comprends.

Je n’ai pas encore tirer de conclusion sur comment mobiliser cet article dans les réflexions qui nous animent dans les freins à l’adoption de masto ou discours. Mais ce qui est certain c’est que cette réflexion est cruciale en ce qui concerne l’adoption d’outils libres dans le monde du livre.

Cet article m’a donné envie de me replonger dans la sociologie des techniques, notamment dans la théorie des MultiLevel Perspective (MLP) appliqué à nos activités.

Ce cadre théorique a initialement été conçu pour décrire les interactions entre les innovations technologiques et les grandes forces sociétales dans le cadre d’une transition vers des sociétés plus durables.

Les transformations sociétales — incluant les points de bascules critiques — ne
surviennent pas soudainement. Elles s’opèrent au fil du temps par l’entremise
d’un processus de changement transitionnel des pratiques et des
systèmes.
Ces changements transitionnels sont le résultat de facteurs interagissant à trois
niveaux :
• Les innovations de niche, qui constituent de nouvelles pratiques parfois radicales découlant de l’expérimentation ou de l’apprentissage communautaire.
• Les régimes, qui sont des systèmes superposés en mosaïques qui façonnent le comportement sociétal.
• Le paysage, qui constitue le point de contact où sont façonnés les régimes et les innovations, et qui peut également être influencé par les actrices et acteurs
du changement social.

Les agent-e-s de changement contribueront plus efficacement à la transition s’ils
prennent d’abord du recul pour comprendre l’ensemble des forces qui
soutiennent ou entravent cette dernière, pour ensuite se focaliser et agir de sorte à
renforcer le sens de la transition et à l’accélérer.

https://www.tamarackcommunity.ca/hubfs/Resources/French%20Resources/IAAG-Multi-Level-Perspective%20-%20traduit%20FR%20FINAL.pdf

merci pour le partage. tres interessant! je pense que le lien e telechargement de l’article ne marche pas.

effectivement, merci j’ai changé le lien

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Je me permets une réponse assez longue car je crois que c’est important de mettre les choses au clair et de ne pas s’illusionner.
Si je suis contente qu’il y ait une analyse élogieuse du chouette travail de OutDesign, je trouve que l’analyse du contexte et du logiciel libre est vraiement problématique.
Selon moi cet article est d’une grande naiveté, une des premières erreurs qui est faite c’est de penser que le logiciel libre est intrinsèquement politique. Ce n’est pas du tout le cas, le logiciel libre est avant tout une caractéristique technique et bien peu d’acteurs du logiciel libre sont engagé dans une démarche politique, encore moins ceux qui sont responsable des principaux systèmes techniques comme Linus Torvald qui est au mieux libéral tendance à droite, droite… Les autres sont le plus souvent libéraux. Les rares dévelopeurs qui ne le sont pas sont activement dans la résistance et bien cachés.

Par ailleurs, le logiciel libre s’inscrit dans un système technique et socio-économique dont nous n’avons pas les accès vérouillé par des corpus législatifs et des infrastructures techniques couteuses. Nos accès communautaires sont extrêmement réduits indépendemment des enjeux politiques. Ainsi le choix qui se pose c’est comment fonctionner aux marges du système en place en préservant des espaces autonomes pérennes et solides. En effet un logiciel ce n’est pas seulement une personne bénévole qui écrit du code, il faut constamment mettre à jour ce code le maintenir pour qu’il soit compatible avec l’ensemble du système, qu’il intègre les nouvelles librairies et se départisse de celles qui sont obsolètes, qu’il ne soit pas prone aux attaques etc… Un logiciel libre c’est une communauté de personnes qui travaillent ensemble au sein du monde capitaliste auquel nous participons tous, certains bénévoles mais la plupart non (heureusement), donc les financements proviennent d’entreprises ou de gouvernements.
On ne peut pas simplement théoriser sur le logiciel libre sans prendre en compte les aspects sociaux économiques et les enjeux techniques, les systèmes d’organisation et de coordination en place..

Pardon, ce genre de constatation lues et relues me semble complètement à côté de la problématique.
Il ne s’agit d’une lecture matérialiste mais d’un jugement et d’accusations.
Le Libre (il faudra m’expliquer ce qu’est cette entité abstraite) est parfaitement conscient des problématiques d’inégalité d’accès d’autant plus conscient que l’adoption de logiciel utilisant des protocols standards et ouverts donc des logiciels libres était bien plus importante avant que M̵̧͍̂i̴̧͊̈c̴͉̾r̵͙̮̈o̴̳̜͗s̸͚̖͗̎o̸̰͗p̶̢͖̂h̶̟͈͑ n’injecte des millions en lobbying dans les universités les écoles et les administrations pour sortir les outils libres des systèmes d’éducation et avec eux les connaissances qui étaient transmises et qui sont nécessaires à la compréhensUmm Rabiaion et à l’utilisation des outils numériques.
Il est absurde de penser que l’on peut avoir un tant soit peu de contrôle sur sa vie numérique sans y consacrer un peu de temps et recevoir un minimum de formation, et de toute évidence la communauté engagée dans le développement de logiciels libre ne peut prendre en charge ni l’adoption ni la formation de la population, nous n’en avons simplement pas les moyens et ce serait vraiment céder au libéralisme de penser que nous pouvons assurer cela en compétition avec les mastodontes capitalistes existants qui sont eux financés à coups de millions.
Il ne s’agit de purisme ou de volonté d’exclusion mais d’une simple conscience matérialiste de la situation.
L’adoption de logiciel libre ne se fera que lorsqu’une conscience sociale partagée sera devenue évidente, et même à ce moment on peut imaginer que dès que nous aurons généré une adoption suffisante nous serons activement attaqués par les sytèmes capitalistes.
On retrouve concernant la réapropriation des systèmes techniques les mêmes enjeux que l’on connaît concernant la révolution.
L’idée d’une adoption de masse est pour l’instant illusoire tant qu’il n’y aura pas une conscience de masse et une volonté de lutter.
Pour le moment la seule chose possible est l’organisation de communauté de resistance.

Alors je vais être accusée de purisme je le sais, mais malheureusement à mes yeux les enjeux de design sont parfaitement dissociés de cette problématique. Les systèmes libres et les systèmes propriétaires sont fondamentalement différent dans leur approche, les premiers demandent une participation active de l’utilisataire pour fonctionner dans un environnement décentralisé. Les seconds au contraire cherchent à déposséder l’utilisataire de toutes capacités, et à centraliser l’ensemble des informations, particulièrement les accès. (àr exemple depuis que j’ai installé un OS libre sur mon téléphone, je n’ai plus accès à certains réseaux téléphonique comme Bouygues per exemple.)

Encore une fois je souhaiterais que les personnes qui se pers¡mettent de traiter une communauté non qualifiée appelée “le libre” de puristes aient la bonté de développer le minimum de compréhension des fonctionnements techniques, et de comprendre que nous attaquons des paquebots avec des lance pierre, dçesolé notre premier problème n’est à mes yeux pas l’adoption, mais la simple possibilité d’exister qui est le plus souvent (et de plus en plus) refusée à nos sytèmes techniques.

Les logiciels libres sont interopérables par nature car il utilisent des protocoles standardisés, par contre les logiciels propriétaires ne laissent pas d’accès qui permettent de les rendre interopérable avec ces protocoles c’est le propre des logiciels propriétaires, et justement une des différences techniques fondamentales, les logiciels propriétaires contrôlent leurs accès et empêchent l’interopérabilité.

Par exemple: l’implémentation d’activity pub qu’a fait ̶̤͒Z̵̘̲̊̈́ǘ̴͚͂t̸͍͋̈́a̸̹͖̅͑ dans Thread qui n’est pas interopérable avec les autres logiciels implémentant activity pub (alors que ces derniers sont interopérables avec Thread). Tu peux suivre sur mastodon ou de façon plus techniques sur le W3C les débats qui ont eu lieu portant précisément sur ce qui est nommé dans cet article comme un “coup de Judo”, de nombreuses personnes arguaient de la nécessité de faciliter l’adoption, et qui a abouti a un coup porté à la faible communauté politique d’activité pub, et à l’inclusion de ̶̤͒Z̵̘̲̊̈́ǘ̴͚͂t̸͍͋̈́a̸̹͖̅͑ dans le groupe de travail du W3C.

L’article que tu présente est naif en ce qu’il omet un fait essentiel, en face nous avons des fascistes qui feront tout pour ne pas perdre le contrôle qu’ils ont mis en place à coup de millions.

Pour un dernier exemple qui concerne plus spécifiquement l’édition, adobe a tellement transformé le standard qu’était un pdf que les imprimantes professionnelles qui intègrent des systèmes adobe natifs n’acceptent plus les pdf générés par d’autres logiciels. Nous devons travailler avec des imprimeries amies qui comme nous font la démarche de conserver une autonomie technique.
Certes on peut considérer que c’est élitiste, mais je crois que nous sommes très acculés et pour l’instant n’avons pas d’autre choix, par contre lorsque le contrôle sera verrouillé et beaucoup de personnes exclues, nous aurons conservé nos connaissances et pourrons les transmettre à des communautés de résistance.

Ah aussi à la lecture de l’article, contrairement à ce qui est affirmé en introduction, “Le Libre” n’a jamais prétendu subvertir les rapports de pouvoir. C’est bien là une des problématiques majeures, les premières licences copyleft visaient simplement à rétablir les principes de collaboration en place dans les milieux scientifiques et à permettre l’interopérabilité, alors les logiciels étaient peu à peu en train de devenir des objets commerciaux. La conscience politique critique n’est pas au coeur des systèmes techniques et ne l’a jamais été.
Ensuite il y a des références qui sont tout vraiment mal venues parler de Linux comme une initiative bénévole, c’est omettre que Linus Torvald son principal instigateur est multi milliardaire car Linux tourne certes sur mon ordinateur, mais aussi dans les missiles qui tuent à Gaza.
La plupart des contributeurs de Linux sont salariés de grosses boites éventuellement d’entreprises d’armement. Les infrastructures numériques qui composent notre monde sont complexes et chaotiques, faire le portrait du logiciel libre comme des initiaitives de nerd bénévoles n’est pas une bonne idée, cela donne une image complètement faussée de la réalité, et ne permet pas aux gens de se positionner correctement.

Ensuite l’exemple de OutDesign, c’est un chouette projet, un outil vraiment simple qui permet d’utiliser Pandoc sur le IDML, le language de markup de InDesign, pour faciliter son usage dans le contexte du WEB. C’est certes très bien, un super projet, qui effectivement ouvre des chemins aux personnes qui l’utiliseront, mais nous avons cruellement besoin, nous avons besoin que Inkscape continue à exister, (il y a peu Inkscape était moribond il a repris un peu du poil de la bête récemment) et pour que Inkscape continue d’exister il faut que des personnes l’utilisent afin de créer une communauté d’utilisateurs dynamique. Nous ne pouvons pas nous permettre de dire aux personnes restez sur Adobe tout va bien, car alors nous perdrons Inkscape. Nous avons besoin que les développeurs et les éditeurs s’engagent à utiliser et à soutenir le logiciel libre plutôt que Adobe. Out design c’est chouette vraiment un super projet, mais cela ne contribue pas à faciliter l’accès des éditeurs au logiciel libre, au contraire, ceux qui travaillent le papier sont confortés dans leur usage de Adobe, en plus ils n’ont même plus besoin de s’adapter aux formats interopérables du web. C’est finalement du travail gratuit pour InDesign qui doivent être bien contents de ce truc là.

Quand aux multiples nouvelles licences qui sont proposées de toutes part que ce soit la licence à rebours de Constant ou celles qui affirment que l’armée n’a pas le droit d’utiliser leur code… Je leur souhaite simplement bon courage, la plupart n’ont pas de grand risques de toutes manières car leur code n’a pas forcément d’utilisateurs actifs, cependant une chose que nous avons appris très tôt c’est que une fois qu’un système technique existe il est à peu près impossible d’empêcher sa prolifération et son utilisation. Alors même si ces entités ont des millions à dépenser en frais juridique pour attaquer Dassault qui pourrait utiliser leur truc (ce qui n’est pas le cas) je ne vois pas comment elles pourraient se tenir au courant de toutes les utilisations de leur code qui pourraient être faites dans des systèmes propriétaires. La FSF a déjà des dizaines de piles de dossiers juridiques en cours qu’elle ne parvient même pas à entamer.

Pour essayer de conclure, ce que j’essaie de faire passer, c’est que bien que si privilèges des personnes engagées dans le logiciel libre soint bien réels, la possibilité que l’usage d’outils numérique permettent de soutenir les resistance et éventuellement d’agir sur la réalité de ce système dans lequel nous sommes embarqués à grande vitesse, dépend de l’engagement politique et cela n’est pratiqué que par bien peu d’acteurs du logiciel libre. La question de l’amplitude de l’adoption est à mon avis hors de notre portée et concentrer nos énergies vers la lutte, la préservation de la possibilité de l’existence de systèmes qui nous permettent d’exister hors de la matrice (au moins partiellement) est essentielle. Selon moi une vision matérialiste du logiciel libre doit paenser comment nos outils peuvent ils soutenir les luttes en place, comment faire communauté pour que les éditaires indépendants reçoivent le soutien technique dont ils ont besoin et que ainsi als puissent utiliser des outils qui leurs sont propices et ainsi als contribuent en retour à l’environnement du libre par le simple fait qu’als les utilisent

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l’article est interessant. la reponse de natacha aussi. :grinning_face: l’autre jour j’ai vu passer cet projet REACT Os, ce ne serait un example de coup libriste? Imagine running your favorite Windows applications and drivers in an open-source environment you can trust. That’s the mission of ReactOS!

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Merci @jean-baptiste pour ce partage, merci @natacha pour ta réponse à laquelle je n’ai rien à ajouter tant elle me paraît parfaitement située, merci @bigkid pour cette option de système d’exploitation utile pour les personnes qui ne connaissent rien d’autre que l’emprise de M̵̧͍̂i̴̧͊̈c̴͉̾r̵͙̮̈o̴̳̜͗s̸͚̖͗̎o̸̰͗p̶̢͖̂h̶̟͈͑.

Je pense que nous tenons là les bases d’une publication pour Synware.

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Oui merci beaucoup @natacha et @bigkid . Je dois prendre le temps de digérer tout ça ^^.
en attendant voici le texte de Nolwenn Maudet “Desgin Tactique”, (un texte aussi conseillé par @copy )

J’ai invité Yann Trividic à discuter de son article sur de.lire.im , mais de toute évidence c’est ici que nous devons en discuter :slight_smile:
J’invite aussi Nolwenn Maudet.

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:thinking: c’est interessant comme reflexion. qui bosse sur le libre? qui maintien les logiciels qui tournent sur mon ordi (debian)