Lutter depuis Bruxelles

Le Nord Global est le premier bénéficiaire de l’extractivisme. Si Bruxelles est perçue comme le centre névralgique de la législation européenne et mondiale, c’est aussi un espace de luttes découlant de son historique colonial. Avec les enjeux actuels de « souveraineté » et de « transition énergétique », l’histoire se répète : la dépossession et la négation des peuples ne connaît plus ni frontière ni limite. Comment porter ces luttes anti-extractivistes décoloniales depuis l’espace où nous nous trouvons, en alliance avec les collectifs en lutte de la majorité du monde ?

Animée par @jean-baptiste

Avec :

  • Mohammed Tahri
  • Jean Jacques Lumumba
  • Juan Pablo Gutierez
    Et des interventions importantes de Jordi Mvitu depuis la salle.

Mohammed nous parle des racines de l’engagement et de ses différents modes.

Et bien rien que hier ils ont réussi à bloquer l’université de Mons et leur revendication c’était quoi? C’était arrêter la collaboration entre l’université et l’entité sioniste, mais ils ont pris un exemple clairt c’était Thalès, qui fourni toutes les technologies de l’armement, ils ont réussi à mobiliser la direction face à ça, c’est un exemple clair que la jeunesse peut bouger. Un autre exemple clair; nous avons été en Hollande il y a 2 mois pour poser une plainte contre le génocide contre le fait d’affamer le peuple palestinien, il y avait un représentant des étudiants aussi. Les jeunes s’impliquent aussi dans la cause palestinienne, on a besoin d’échanger de pratiques avec eux et leur expliquer que l’on ne doit pas tomber dans le piège de provoquer, provoquer la police et autre, car nous on veut toujours garder l’attention sur la cause principale, ne pas marginaliser la lutte, c’est aussi quelque chose auquel on doit faire attention.

À l’époque de Georges Bush, il a appelé l’Iran, la Corée du Nord, et qui d’autre? l’Axe du mal et c’est à ce moment là qu’il a dit qu’on va faire ce qu’on apelle un désordre constructif, vous en avez déjà entendu parler? On va mettre les pays KO pour trouver une voie de négociation. C’est à ce moment là qu’ils on défini 7 pays pour les diviser, y compris le Yemen, la Syrie, le Soudan l’Irak etc… et on est encore dans cette démarche là, et donc, il faut remettre un petit peu l’Église qu centre du village, pour dire que c’est une lutte globale et que tout le monde doit rejoindre cet axe de résistance.

Nous en tant qu’étudiants marocains, donc entre 19994 et 1998 on a appris le militantisme à l’université et à ce moment on a
côtoyé des gens qui viennent de l’idéologie Marxiste mais aussi de l’idéologie que l’on peut appeler Islamiste, il y a un tabou pour en parler. A ce moment là on a été un peu influencés, par une légende que la révolution Islamique en Iran et ben il a exactement fait ça il a spiritualisé la politique et politisé la spiritualité, et c’est le premier après la révolution à avoir installé l’ambassade de la Palestine à la place de l’ambassade de l’entité sioniste qui est Israël. et donc on a baigné un petit peu dans ce militantisme qui nous a appris que, en fait il y a un verset coranique (puisque c’est notre cadre de référence) qui dit que Dieu il a fait lutter les uns par les autres pour qu’il n’y ai pas le désordre. Donc si je reviens avec ce cadre de référence Dieu quand il a créé l’humanité directement les anges lui ont dit, mais qu’est ce que tu as fait là il vont faire le désordre et il a dit, je sais ce que vous ne savez pas parce qu’il y a la page blanche de l’humanité et la page noire de l’humanité, et c’est à nous de choisir de quel côté on doit être, et le fait de lutter c’est marquer notre place, que l’on veut lutter contre la page noire de l’humanité.

Alors pour dire quelque chose de positif, déjà c’est la multiculturalité qui est très riche on est là pour témoigner et échanger sur les formes de lutte de chacun, si j’étais resté au Maroc je n’0aurais pas vu une telle richesse. Le deuxième aspect positif de la lutte depuis Bruxelles, est que c’est l’endroit où sont tous les lobbies qui sont derrière toute cette extraction et toute cette oppression.

Alors on trouve d’autres militants qui vont y aller plus loin, ça veut dire quoi: pour eux tant que la Palestine ne s’est pas libérée ils vont continuer à lutter jusqu’à ce que la Palestine soit complètement libérée. D’autres voient encore plus loin, que la Palestine est juste un reflet d’un malaise au niveau de l’humanité et que il faut continuer à lutter pour que cela ne s’installe pas dans d’autres conflits, tant que ces vampires seront encore là. Et donc parmi les gens qui luttent sur le terrain, on trouve des gens, peut-être les jeunes qui sont là et réagissent par émotion face qu drame et au sang qui coule. Par contre les personnes qui ont de la bouteille sont dans une démarche doucement mais surement et dans la manière de faire les choses ne lèvent pas seulement des slogans. Si vous avez eu l’occasion de venir le vendredi à de Brouckère vous verrez à chaque fois on vient avec une discussion une réflexion sur des éléments de l’actualité. C’est cela la différence, on est dans une démarche de longue haleine et d’éveil.

Jordi explique les objectifs de l’interaction avec le parlement européen:

  • Obtenir un texte stratégique qui fait un lien de manière claire et les conflits dans les pays ou on pratique l’extractivisme
  • Identifier le caractère international et donc l’implication européenne dans les conflits et leurs financements
  • Entamer une sorte de bras de faire avec la commission car le parlement européen n’ayant pas d’initiative législative c’est la commission qui participe a ce projet de chaine de valeur des minerai qui doit l’initier, et il y a des compromis qui prennent place en sous main. Obtenir d’abord un texte au parlement permet de demander aux élus de faire pression sur la commission.

Il s’agit donc de montrer que tout projet de transition numérique est nécessairement lié aux conflits, et continuera de l’être dans le temps, même sur le territoire européen et aussi préparer un vrai relais sur le terrain européen afin que avoir un vrai recours en cas de besoin.

Dans le langage des élus écologistes, le langage des élus de la gauche etc… on a aussi un imaginaire en tous cas des idées qui sont beaucoup trop éloignées des revendications que l’on peut voir ailleurs donc ça a été l’occasion de voir que il y a vraiment ce besoin aussi d’aller même faire de la formation technique et de rentrer sur un agenda politique commun avec les partis qui réfléchissent à ces questions là car il a un vrai vide qui s’est posé.

Il faut préparer l’urgence en europe car l’extractivisme tel qu’il se prépare avec le numérique va détruire l’essentiel des garanties démocratiques européennes. C’est à dire qu’en fait ce qu’ils sont en train de faire en ce moment est tellement grave en terme de sécurité démocratique que cela va créer un précédent super dangereux au moment ou a du fascisme qui augmente.

Particularités de la colonisation au Congo et de son rapport à la mine.

Depuis le Xve siècle, c’est un projet politique qui repose sur une visée commerciale il y a vraiment l’idée de il faut produire de la richesse, il faut exploiter des terres à l’infini qui fait que penser la colonisation uniquement comme un projet politique c’est un peu faible en réalité. Et lorsque l’on rencontre des mouvements qui pensent a question du colonialisme ils vont le penser comme une question morale qui dit oui on a eu une prétention on l’a mal fait, on est désolé. Mais en fait ce n’est pas du tout ça, la colonisation c’est d’abord une expansion pour produire de la richesse.

C’est fondamental parce que en fait, le Congo, c’est l’extractivisme, enfin, c’est pour cela que ça a été construit, c’est pour ça qu’on l’a conquis, c’est pour cela qu’il y a eu des statuts vraiment très particuliers par rapport à d’autres formes de colonies, c’0est vraiment qu de l’extractivisme, c’est vraiment sa raison d’être dans le logiciel impérial c’est de proposer des ressources, et donc c’est difficile de le poser de manière aussi flagrante car cela sonne radical alors que dans d’autres espaces, je pense par exemple à la question de l’extractivisme au Pérou où j’ai eu plaisir de travailler avec des activistes, cela ne suscite pas les mêmes oppositions frontales, car vraiment cette question n’est pas abordée de manière aussi profonde et n’a pas la même importance que l’exploitation minière qu Congo. Même la structure politique du Congo repose sur ça c’est à dire le siège de la capitale, la répartition des routes, tout repose sur l’exploitation des mines.

Sur la carte vous arrivez à voir le trou qui a été creusé sur la terre, c’est l’équivalent de 3-4-5-6- tours Eiffel qui a été creusé pour récupérer le cuivre. Donc en fait, même lorsque c’est industrialisé, légalisé ça reste quand même un système qui est très polluant et très dangereux, et l’autre aspect comment dire… c’est un système qui évolue vite vers la militarisation, une sorte de stratégie d’enclos en fait, c’est à dire que sur les sites vous avez des militaires qui contrôlent, vous avez l’état qui n’a aucune maitrise des productions, parce que lorsque l’on retire le cobalt il y a ce que l’on apelle des co-produits, il n’y a pas que le cobalt dans la pierre on peut y retrouver différents co-produits des sauf que au moment où s’est déclaré, c’est déclaré comme du cuivre, et du coup les co-produits eux, partent ailleurs donc on a en fait une forme de d’enrichissement secret car ce sont des zones qui ne sont pas contrôlées. Dernier point, les entreprises qui exploitent ont systématiquement des statuts d’exception, elles ne payent pas d’impôt, ce n’est donc pas bénéfique du tout comme système parce que il y a une bonne partie de l’impôt qui devrait être payé passe par des systèmes d’exemption comme par exemple le pré-transfert qui permet de facturer des prestations des autres entreprises du même groupe, pour des prestations assez banales comme gérer le site internet etc… pour baisser baisser baisser et faire en sorte que l’assiette fiscale soit vraiment la plus basse possible, c’est ce que fait Glencore par exemple. L’extractivisme n’est donc structurellement pas un horizon, et c’est difficile de le penser au Congo en raison de son importance historique, d’où peut-être l’intérêt de le voir ailleurs, de le voir dans d’autres pays pour se rendre compte à quel point c’est problématique.

En réalité il y a vraiment cette manière de penser le Congo qui peut souvent être le tremplin des puissances qui vont s’enrichir via le Congo pour faire ce qu’ils veulent faire ailleurs car une partie de l’apartheid sud africain a réussi à maintenir son système grace au cuivre congolais, et l’uranium congolais qui a été utilisé lors des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki. CV equi fait qu¡il ya a vraiment cet aspect de dire il y a un convergence des luttes car c’est le territoire ressource de ces puissances qui financièrement réussissent à financièrement suffisamment se graisser la panse/patte pour pouvoir aller se redéployer ailleurs.

En ce qui concerne le Congo la question de la mine concrètement est difficile à aborder,L’imaginaire de la mine est tellement puissant a tellement ñetñe fondamental pour penser le Congo moderne que c’est difficile de se détacher de ça. C’est à dire que +à Génération lumière parfois, lorsque on parlait avec des asso même la Lucha d’ailleurs sur le sujet, lorsque l’on disait que en fait il faut dépasser la question de la mine, que en fait les richesses du sous sol ne sont pas des richesses, c’est une forme de condamnation pénale que l’on met sur la table, en fait pour eux ce n’est pas possible de l’imaginer, parce que c’est source de richesse et que en fait l’horizon de certaines associations, c’est simplement de dire il faut industrialiser il faut améliorer, il y a vraiment une difficulté de penser le changement en dehors de la mine.

Différents commentaires sur la situation

Dans l’actualité la F̷̪̤̋ṟ̵͙̾͗a̷̛̩̎n̴͙͙̿́c̸̙͙̈e̵̪͒ dit, nous autres nous nous lavons la conscience nous sommes dans les énergies propres nucléaires. Avec le colonialisme c’est la même histoire, on dit: c’est quelque chose du passé maintenant c’est une autre histoire, il faut regarder de l’avant. Mais nous autres nous ne pouvons regarder de l’avant car pour nous c’est encore une réalité, et nous sommes là ou nous en sommes maintenant à cause de ce qu’il s’est passé il y a deux siècles. Il n’y aura pas de paix si il n’y a pas de vrai justice et de réparations.

Les Saoudiens volent leur or, on peut trouver des informations sur Internet sur ce sujet on cherchera plus tard. les camions de métaux rares achetés à 100 euro par ex. Quand on a accès à ces informations comme tu l’as dit Mohammed, ce n’est pas évident de se rapporter au reste, toutes ces informations ne sont pas disponibles dans les médias, les millions de personnes qui défilent dans les ruesm celles qui défendent les mémoires, des morts de résistants et surtout le soutien des peuples à ces mouvement de résistance armée.parce que face à cette grande machine de guerre dans ces circonstances là c’est la résistance armée qui empêche qu’un peuple soit complètement effacé.

En ce qui concerne le Congo la question de la mine concrètement est difficile à aborder,L’imaginaire de la mine est tellement puissant a tellement été fondamental pour penser le Congo moderne que c’est difficile de se détacher de ça. C’est à dire que +à Génération lumière parfois, lorsque on parlait avec des asso même la Lucha d’ailleurs sur le sujet, lorsque l’on disait que en fait il faut dépasser la question de la mine, que en fait les richesses du sous sol ne sont pas des richesses, c’est une forme de condamnation pénale que l’on met sur la table, en fait pour eux ce n’est pas possible de l’imaginer, parce que c’est source de richesse et que en fait l’horizon de certaines associations, c’est simplement de dire il faut industrialiser il faut améliorer, il y a vraiment une difficulté de penser le changement en dehors de la mine.