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Je ne sais pas… j’ai envie d’une discussion sur cela

En pensant à l’OFFDEM, en pensant à Prendre Soin, en pensant à plein d’autres discussions et réflexions… Luttes, liens, résistances, organisations…

Une de mes recherches me mène là,… notamment car socialité et sociabilité(s) avec vous et d’autres me sont indispensables.

Stratégie de prise de pouvoir sur un territoire et celleux qui y vivent pour tirer profit de l’exploitation des ressources, y compris la force de travail. (C’est ancien comme plan, c’est aussi actuel : cf gafam, natu, capitalisme, colonialisme, régime de surveillance)

Dans un article ci-joint, Il est démontré par l’exemple comment les pratiques de sociabilité sont pensées comme des instruments de gouvernement (notamment en france et ce depuis très longtemps).

Et donc les lieux, les espaces temps de socialité envisagés comme les vecteurs d’une implantation d’un régime.

En bref, lorsque qu’un « café de quartier » est remplacé par « un bar à ingrédients » dit gentrifié, ce n’est pas anodin.

https://www.cairn.info/revue-hypotheses-2009-1-page-273.htm

Il s’appuie sur l’exemple de la manière dont le rattachement de Genève à la France c’est passé au 18es. en imposant les théatres de comédie (interdit ici) plutôt que les cercles (pratiques genevoise)

Voltaire, établi non loin de là à Ferney et qui avait tout manigancé avec le résident de France à Genève, Pierre-Michel Hennin : avec la comédie, « ce qui reste dans Genève de pédants et de cuistres du xvie siècle perdra ses mœurs sauvages. Ils deviendront tous français. Ils ont déjà notre argent ; ils auront nos mœurs » [13]. De pièce maîtresse du faste diplomatique, le théâtre devient instrument d’acculturation.

Plus loin encore : " L’édit de novembre 1782, qui met en place le nouveau régime, comporte donc parmi ses dispositions la suppression des cercles, remplacés par des cafés. Selon le marquis de Jaucourt, maître d’œuvre de cette politique, « les caffés qu’on a mis à la place des cercles politiques et qui se sont immédiatement mis sous la main du Gouvernement, doivent remplir plusieurs objets utiles. Ils accoutumeront les citoyens à vivre ensemble, […] ils seront un objet de distraction pour la Bourgeoisie et un moyen pour le Gouvernement de la surveiller » [19]. La mutation de ociabilité se voit donc assigner une triple fonction de rassemblement, de distraction et de surveillance. L’idée était de substituer à une sociabilité tendant au cloisonnement géographique et à la ségrégation sociale une sociabilité ouverte et communautaire, à une sociabilité favorisant la politisation une sociabilité de pur divertissement, et à une sociabilité privée insaisissable, qui se réunissait dans les appartements de particuliers, une sociabilité publique soumise à la surveillance constante des autorités. C’est dans cette perspective qu’il était précisé de manière explicite que « tout Caffé dans la Ville devra être situé en front de rue, au rez de Chaussée »

Voir également,

Lieux et nouvelles sociabilités en Chine aujourd’hui

Les grands hôtels à l’avant-garde

Par Thierry Sanjuan

théâtre ou skate park : un 4 etoile, un rooftop, un coworkingbidule 3600 m2 et les Luciens « Ils cherchent à se professionnaliser, nous les accompagnons déjà à Maromme à L’Avant-Poste. », “Sur 800 m², le Sous-marin – c’est le nom du projet – proposera un lieu pluriel dans un univers brut inspiré des warehouse, qui tiendra aussi bien du lieu de vie que du centre artistique.”

https://www.paris-normandie.fr/id268267/article/2022-01-12/rouen-le-hangar-105-sort-enfin-de-terre-livraison-prevue-pour-fevrier-2023

je vous écris cela depuis un tout petit café sans mine ni prétention, dans un coin d’un monde, qui me semble être dévoré par une horreur pourtant déjà bien nommée.

Un exemple actuel, en France, l y a quelques mois Darmanin, agresseur sexuel, convoque certains représentants de tiers-lieux pour leur faire signer un engagement de « prévention contre la délinquance », notamment via M. Schiappa (qui couvre un agresseur sexuel et habilite les collectifs Transophobe) (références)

Hier, Christian Estrosi, ordure nationale, déclare lors d’une interview télévisée :
« j’ai entendu les propositons concrètes du Président Macron en matière de lutte contre les féminicides.
Déposer plainte dans les tiers-lieux ou autoriser des associations à porter plainte à la place des victimes qui n’osent pas le faire ».

Rappel historique : le tiers-lieu a été inventé et nommé par les démonistes au moyen-âge, début de la période du génocide des sorcières, pour designer une version renouvelée du purgatoire, d’un lieu de passage à un lieu de transformation. (Note de travail sur les sorcières. Démonisme et purgatoire)

Ce que tentent ici et maintenant Macron, Darmanin, Schiappa, Estrosi, ce n’est pas d’aider ou de protéger qui que ce soit ; c’est bien exactement de prendre le contrôle des lieux de sociabilité et de les orienter en outil de surveillance et de punission.

C’est absolument pas nouveau. Exemple au 18e siècle. Comme expliqué ci-dessus.

Ces espaces-temps d’interactions sociales sont des places de (re)politisation (thèse A. Burret, 2017. (Étude de la configuration en Tiers-Lieu - La repolitisation par le service) et d’organisations.

C’est pour cela qu’une politique d’un État dur et violent cherchait, cherche et cherchera à utiliser ces places comme instruments de déploiement d’un plan autoritaire

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hey @XavCC cette réflexion rejoint beaucoup la thématique du tiers techno paysage petites singularités sur lesquelle nous nous sommes rencontrés. Il serait juste je crois de déplacer ton post dans ladite section: https://ps.zoethical.org/c/engagement/3rd-technoscape/16afin qu’il soit visible au delà des personnes adhérents à l’asbl, car ce sont je crois des informations importantes.

Voilà qui est fait. Avec quelques ajouts aussi à la fin

Alors du coup j’ai envie de mentionner le @hcklabxl ce beau lieu sur la rue Princesse Elisabeth à Schaerbeek où la sociabilité obscure tourne autour des machines et particulièrement de la machine à café.
Il y a eu une longue discussion dans les milieux technologiques sur la question des hackerspaces et des hacklabs, le débat portait sur le fait de permettre que le lieu de rencontre et de hack soit aussi un lieu de vie, ce qui revenait pratiquement à autoriser ou non les personnes à dormir sur place.
Le hacklab qui se considère d’abord comme un lieu de vie et de technique est porté par des personnes qui y sont à demeure même si elles peuvent être en déplacement voir nomade, mais le choix du lieux est d’abord celui d’une manière de vivre ensemble, et celui de l’acceuil et de l’échange. Ceci est essentiel je crois à tous les lieux et les mouvement de résistance au travers des époques, le besoin de se connaître de se rencontrer de partager dans le temps et au travers des lieux.

Cela me fait également penser au projet de hacklab fermentation qui produirait un lieu interlope procurant des produits fermentés, hors-commerce, hors-contrôle de l’État ou de l’industrie des assuétudes. Kéfir, kombutcha, fromage, kimchi, choucroute, miso et toute la clique des masses microscopiques de ferments révolutionnaires en lisse pour refaire les flores loin du Café de Flore.

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