# Analogie

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**Tags:** concept
**Created:** [March 6, 2019, 12:38pm UTC](https://ps.zoethical.org/t/analogie/2238 "2019-03-06T12:38:49Z")
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## title: Analogie subtitle: Identité de rapports

## About the Concept

{: #concept .intro }

> L’analogie est une équivalence transopératoire.

> L’_acte analogique_ est la mise en relation de deux opérations, directement ou  
> à travers des structures, tandis que l’acte de modulation est la mise en  
> relation de l’opération et de la structure, à travers un ensemble actif nommé  
> modulateur.

# Théorie de l’acte analogique

> L’acte analogique est la mise en relation de deux opérations. Il a été employé  
> par Platon comme méthode logique de découverte inductive : le _paradigmatisme_  
> consiste à transporter une opération de pensée apprise et éprouvée sur une  
> structure particulière connue (par exemple celle qui sert à définir le pêcheur  
> à la ligne dans le _Sophiste_) à une autre structure particulière inconnue et  
> objet de recherche (la structure du sophiste dans le _Sophiste_). Cet acte de  
> pensée, transfert d’opérations, ne suppose pas l’existence d’un terrain  
> ontologique commun au pêcheur et au sophiste, à l’aspalieutique èt à la  
> sophistique. Elle ne cherche en aucune manière à prouver que le pêcheur et le  
> sophiste résultent de l’imitation par le Démiurge d’un même modèle commun : le  
> _paradigmatisme_ logique se libère de l’_exemplarisme_ métaphysique. Le  
> transfert d’opération est validé par une identité de rapports opératoires  
> réels dans l’exercice de l’aspalieutique et dans l’exercice de la  
> sophistique. Si l’on inscrit les opérations du pêcheur et du sophiste, et que  
> l’on efface les termes entre lesquels se déroulent ces opérations, on peut  
> faire abstraction de la spécification du système de termes dési- gnant les  
> conditions des opérations du pêcheur ou les conditions des opérations du  
> sophiste. La série des termes constituant la sophistique est remplaçable terme  
> à terme par la série des termes constituant l’aspalieutique : «pêcheur à la  
> ligne» remplace «sophiste», «poissons» remplace «jeunes gens riches», tandis  
> que les opérations entre ces termes subsistent intégralement; l’opération de  
> séduction puis l’opération de capture fructueuse sont les mêmes dans les deux  
> séries: toutes les caractéristiques intrinsèques des termes eux-mêmes sont  
> mises hors de cause dans l’acte analogique. Et c’est cette abstraction, cette  
> indépendance des opérations par rapport aux termes qui donne à la méthode  
> analogique son universalité. Puisque la considération des termes ne change  
> rien à la nature des opérations, on peut passer du grand au petit, ou du petit  
> au grand: telle est la méthode employée pour définir l’homme à partir de la  
> cité, parce que le modèle logique, plus grand, est plus facile à saisir. […]  
> ; mais dans la méthode analogique platonicienne, ce n’est pas seulement  
> l’opération de mesure qui est transférée, mais tout autre type d’opérations.  
> Par là, Platon a découvert un moyen de rationaliser le devenir, qui, après  
> avoir fait l’objet des théories physiologiques ioniennes, avait été abandonné  
> au domaine de la connaissance trompeuse par les Eléates, théoriciens de  
> l’immuable et de l’être intemporel. La méthode analogique suppose que l’on  
> peut connaître _en définissant des structures par les opérations qui les  
> dynamisent_, au lieu de connaître _en définissant les opérations par les  
> structures entre lesquelles elles s’exercent_. La condition logique d’exercice  
> de l’analogie suppose une condition ontologique du rapport entre la structure  
> et l’opération. Car le transfert de l’_opération logique_ par laquelle on  
> pense un être, d’un être à un être _analogue_, ne peut être valable que si  
> l’_opération logique_ était modulée par l’ensemble systématique des  
> _opérations essentielles_ qui constituent l’être. L’analogie, si elle était un  
> simple transfert des modalités de la pensée par laquelle on envisage un être,  
> à un autre être, ne serait qu’une association d’idées. L’analogie ne devient  
> logique que si le transfert d’une opération logique est le transfert d’une  
> opération qui reproduit le schème opératoire de l’être connu. L’analogie entre  
> deux êtres au moen de la pensée ne se légitime aue si la pensée soutient un  
> _rapport analogique_ avec le schème opératoire de chacun des êtres  
> représentés. Avant que la connaissance du rapport analogique entre deux êtres  
> soit établie, il faut que la connaissance d’un être soit déjà un rapport  
> analogique entre les opérations essentielles de cet être et les opérations de  
> la pensée qui le connaît. C’est la connaissance d’un schématisme opératoire  
> que la pensée transfère, et cette connaissance d’un schématisme est elle-même  
> un schématisme consistant en opérations de la pensée. La pensée analogique  
> établit une relation entre deux termes, parce que la pensée est _une médiation  
> entre deux termes avec lesquels elle a, séparément, un rapport  
> immédiat_. Cette médiation est faite de deux immédiations isolées : la pensée  
> devient le μεταξύ opératoire d’êtres sans rapport ontologique parce qu’ils ne  
> font pas partie du même système naturel d’existence.

# Analogie et ressemblance

> On doit donc noter que la pensée analogique est celle qui relève des identités  
> de rapports, non des rapports d’identité, mais il faut préciser que ces  
> identités de rapports sont des identités de rapports opératoires, non des  
> identités de rapports structuraux. Par là se découvre l’opposition entre la  
> ressemblance et l’analogie : la ressemblance est faite de rapports  
> structuraux. La pensée pseudo-scientifique fait un large usage de la  
> ressemblance, parfois même de la ressemblance de vocabulaire, mais elle ne  
> fait pas usage de l’analogie.

# Intériorité mutuelle

> Il ne s’agit plus ici de la quantité scalaire de l’énergie potentielle, ni des  
> pures propriétés vectorielles de la structure portée par le germe, mais d’un  
> rapport d’un troisième type, que l’on peut nommer analogique, entre les  
> structures latentes de la substance encore amorphe et la structure actuelle du  
> germe. Cette condition est nécessaire pour qu’il puisse y avoir une véritable  
> relation amplifiante entre cette structure du germe et cette énergie  
> potentielle portée par une substance amorphe. Cette relation n’est ni purement  
> quantitative, ni purement qualitative ; elle est autre qu’un rapport de  
> qualités ou qu’un rapport de quantités ; elle définit l’_intériorité_ mutuelle  
> d’une structure et d’une énergie potentielle à l’intérieur d’une  
> singularité. Cette intériorité n’est pas spatiale, puisque nous voyons ici  
> l’action d’un germe structural sur son environnement; elle n’est pas une  
> équivalence de termes, puisque les termes, statiquement et dynamiquement, sont  
> dyssymétriques. Nous employons le mot d’analogie pour désigner cette relation  
> parce que le contenu de la pensée platonicienne relative au paradigmatisme  
> dans ses fondements ontologiques nous semble le plus riche de ce sens pour  
> consacrer l’introduction d’une relation qui enveloppe quantité énergétique et  
> qualité structurale. Cette relation est information; la singularité du germe  
> est efficace quand elle arrive dans une situation hylémorphique tendue. Une  
> analyse fine de la relation entre un germe structural et le milieu qu’il  
> structure fait comprendre que cette relation exige la possibilité d’une  
> polarisation de la substance amorphe par le germe cristallin.  
> {: title=“ILFI, pp.87-88” }

# La véritable méthode analogique

> Le mot d’analogie semble avoir pris un sens péjoratif dans la pensée  
> épistémologique. On devrait cependant ne point confondre le véritable  
> raisonnement analogique avec la méthode toute sophistique qui consiste à  
> inférer l’identité à partir des propriétés de deux êtres qui ont en commun un  
> caractère quelconque. Autant la méthode de _ressemblance_ peut être confuse et  
> peu honnête, autant la véritable méthode analogique est rationnelle.  
> L’analogie véritable selon la définition du Père de Solages est une identité  
> de rapports et non un rapport d’identité. Le progrès transductif de la pensée  
> consiste bien en effet à établir des identités de rapports. Ces identités de  
> rapports ne s’appuient pas du tout sur des ressemblances, mais au contraire  
> sur des différences, et elles ont pour but de les expliquer: elles tendent  
> vers la différenciation logique, et en aucune manière vers l’assimilation ou  
> l’identification ; […]. Rendre compte de ces ressemblances ou de ces  
> différences, ce sera avoir recours à l’identité de rapports existant entre  
> tous les phénomènes de réflexion; la quantité d’énergie est grande quand, sur  
> le trajet de l’onde électromagnétique s’interpose un obstacle constitué par  
> une substance dont les irrégularités sont petites par rapport à la longueur  
> d’onde de l’énergie électromagnétique. […] La méthode transductive est donc  
> l’application du véritable raisonnement analogique ; elle exclut les notions  
> de genre et d’espèce. […] Cette facilité qui porte à raisonner par  
> identification d’après des ressemblances fait partie des habitudes  
> substantialistes, qui nous portent à découvrir des genres communs encore  
> inconnus, grâce à un transfert hasardeux de propriétés. […] La pensée  
> scientifique n’est pas une pure induction s’achevant par une classification  
> fondée sur les différences; mais elle n’est pas davantage une identification à  
> tout prix; elle est plutôt la distribution du réel selon une mesure, critère  
> commun de l’extension et de la compréhension.

# La pensée transductive

> La véritable pensée transductive fait usage du raisonnement par _analogie_,  
> mais jamais du raisonnement par _ressemblance_, c’est-à-dire d’identité  
> affective et émotive partielle. […] La pensée transductive établit une  
> topologie du réel, qui n’est point identique à une hiérarchisation en genres  
> et espèces.

# Reconnaissance de l’individu

> l’analogie par rapport à soi est caractéristique de l’être individuel, et elle  
> est la propriété qui permet de le reconnaître.

## Tree of Significance

{: #tree-of-significance }

SYNONYM  
:

ANTONYM  
:

HYPERNYM  
:

HYPONYM  
:
