Pourquoi nous déplaçons le code barre de nos ouvrages en troisième de couverture?

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June 19

Si vous êtes attentiz, vous aurez remarqué qu’à partir de KEUF KEUF KEUF (publication) nous plaçons le code barre non pas en quatrième de couverture mais en troisième de couverture (c’est-à-dire, à l’intérieur du livre).

Ce déplacement n’est pas anodin, car il a deux conséquences immédiates :

  1. Lu libraire doit à présent ouvrir le livre afin de scanner ce code barre : c’est donc un effort supplémentaire que nous demandons à nos libraires (c’est également pourquoi nous indiquons Merci libraire ! au sein du code barre, selon l’excellente habitude de Monsieur Toussaint-Louverture) ;

  2. Les robots d’̸͉̟̔̇Ā̶͚̫͠m̸̨̛̻͠Î̷͚͑G̴͍͋͝o̵̙͎͐n̷̪̾̏e̵͚͐ et autres systèmes automatisés de gestion des marchandises ne peuvent plus traiter nos livres.

Cette décision est évidemment politique. Elle pose une contrainte certaine sur nos amiz libraires, cependant elle retire également du monde marchand un objet qui devrait être considéré comme une exception culturelle, comme un support de culture et de transmission de connaissances et d’imaginaires, et c’est ce que ce geste technique pose : le retrait du monde marchand, tant par l’escamotage de sa marque que par l’empêchement du traitement automatique de la marchandise.

C’est donc un geste simple qui enraye la fluidité marchande. C’est un geste qui repose la question de ce qu’est un livre. À l’heure de la victoire totale de la marchandise, où la vente d’armement passe avant l’éthique ou la transmission entre générations, où le modèle impression-salon-pilon[1] coûte moins cher que le transport des biens manufacturés, nous souhaitons secouer les idées reçues sur l’arbitrage entre temps de l’individu et considération technique pour l’objet collectif de savoir et de transmission qu’est le livre…

Amiz libraires, amiz de l’écologie du livre, amiz lectaires : qu’en pensez-vous ? Êtes-vous præz à soutenir cette initiative et contribuer à cette réflexion avec nous ?

Voir le sondage sur les Fées Diverses.


  1. C’est-à-dire la pratique d’imprimer de nombreuses copies, qui sont transportées une fois, par exemple à un salon du livre, puis abandonnées pour être détruites (au pilon) plutôt que transportées de nouveau vers un lieu de stockage. Environ 30% des livres produits sont ainsi pilonnés parmi les grands groupes d’édition qui choisissent ce mode « économique » de logistique du livre, soit une quantité indécente d’arbres coupés pour finir en cartonnage et autres PLV. ↩︎